À l’ère de la science médicale

Pourquoi cette dévotion à la médecine ?

L’évolution de la science et de la médecine ont rendu possible ce qu’on désigne souvent comme «des miracles» en terme de lutte contre les infections, la maladie… déjà on a commencé par adopter des mesures d’hygiène, puis on a développé de nouvelles façons de faire: des molécules, des machines, des examens de plus en plus agressifs, pour diagnostiquer, analyser et nous l’espérions, soigner des affections humaines parfois présentes depuis la nuit des temps.

Si le microbe est coupable, il faut l’éradiquer, et ça, les laboratoires pharmaceutiques savent faire… Nous sommes tous victimes d’un gigantesque lavage de cerveau qui a fait de nous des moutons de Panurge parfaitement conditionnés et totalement incapables de prendre la moindre distance par rapport au dogme pernicieux qui place les médicaments au firmament des bienfaits du progrès scientifique. Je mets nos bons médecins de famille sur le même plan; les pauvres n’ont pour la plupart jamais entendu d’autre son de cloche et font au mieux avec ce qu’on leur a appris.

Sur son lit de mort, Pasteur a fini par avouer : « Claude Bernard avait raison : le microbe n’est rien, le terrain est tout. » »

Dans nos sociétés modernes…

Voici quelques notes que j’ai prises en écoutant un document audio de Radio-Canada où intervient Michel O’Neill, sociologue.

Le Dr. Michel O’Neill est professeur titulaire en sociologie de la santé, en santé communautaire et en promotion de la santé à la Faculté des Sciences infirmières de l’Université Laval, à Québec; il est aussi coresponsable du GRIPSUL (le Groupe de recherche et d’intervention en promotion de la santé de l’Université Laval) et codirecteur du Centre québécois collaborateur de l’OMS pour le développement des Villes et villages en santé.

On a historiquement remis nos responsabilités dans les mains de toute une série de spécialistes et les médecins sont au premier rang de ces personnes en qui la société fait confiance.

C’est un phénomène étudié depuis longtemps par les sociologues et qui nous amène à renoncer à notre sens critique.

Soulignons que les médecins ne se sont pas privés de s’approprier le pouvoir qu’on leur a remis mais il faut avouer qu’on a la médecine qu’on mérite. En tant que société, nous avons renoncé à prendre soin de nous et avons choisi de tout remettre entre les mains de la médecine.

Changements suite à la médicalisation de nos sociétés

Ces 2 exemples illustrent bien la problématique de la médicalisation de la société:

  • avant quand un enfant était turbulent on le mettait en pénitence dans le coin et aujourd’hui on lui prescrit du ritalin.
  • avant quand une personne était déclarée coupable de meurtre, on la mettait en prison, maintenant il arrive souvent qu’on la mette en institution psychiatrique.

Vous voyez ? c’est la médecine qui intervient dans des domaines qui autrefois étaient gérés par les éducateurs, les parents et/ou le système de justice.

D’autre part, la médecine pharmaceutique ne traite pas les causes fondamentales des maladies, elle traite uniquement les symptômes: sédatifs pour les maux de tête, anti-acides contre les brûlures d’estomac, anti-inflammatoires contre l’arthrite, chimiothérapie contre le cancer, etc.

On privilégie des méthodes, des protocoles, on préfère travailler avec des molécules (plutôt qu’avec les humains) et leur trouver une application médicale vendable. Étant donné qu’il n’y a pas autant de molécules qu’on aimerait en commercialiser, on trouve de nouvelles applications aux molécules déjà sur le marché (exemple: le viagra).

  • Les traitements les plus vendus (donc les plus rentables) ne sont pas ceux dont les humains ont le plus besoin.
  • Les traitements les plus populaires ne sont pas ceux dont les composantes sont facilement accessibles dans la nature, dans l’alimentation, la médecine chimique a jeté le bébé avec l’eau du bain lorsqu’elle s’est débarassée des connaissances ancestrales de l’humanité.
  • Les thérapies et médecines dites douces, naturelles, quand elles ne sont pas récupérées par l’industrie, sont systématiquement qualifiées d’arnaques, de placebos et leurs adhérents risquent gros à s’entêter à les utiliser ou les promouvoir.

Un problème de conflits d’intérêts

Devons-nous continuer de considérer les laboratoires pharmaceutiques comme des organismes publics scientifiques de recherche sur la santé? les considérer comme s’ils étaient des organisations philanthropiques qui souhaitent le bien de l’humanité et l’avancement de la science ?  Nous agissons pourtant ainsi en leur confiant la responsabilité d’évaluer leurs propres produits et en leur permettant de participer activement à l’information et à la formation médicale.

Admettons plutôt que les laboratoires sont des firmes privées qui sont soumises à des obligations de résultats pour des intérêts privés. Bien qu’il puisse arriver que l’intérêt général s’accorde avec leurs objectifs propres, c’est accidentel. Il n’y a rien de communautaire ou de philanthropique dans les objectifs d’une compagnie privée cotée en bourse.

La recherche est bien encadrée

L’industrie qui est à la base des recherches, les subventionne, en tire des profits à hauteur de plusieurs milliards annuellement… cette industrie a créé le cadre de référence, la direction à prendre, le point de départ… de toute la démarche scientifique qui s’y rapporte.

Les chercheurs en conviendront, il y a toujours des directives qui viennent avec les subventions à la recherche: «cherchez ceci, démontrez cela, n’insistez pas trop sur ceci, taisez cela…» tout est fonction du profit espéré. L’argent et l’opportunisme triomphent de la beauté du geste et de la conscience professionnelle.

Si d’aventure vous choisissez une voie différente et que vous obtenez des résultats à l’encontre de ceux qu’on recherche, on vous jettera et vous ne trouverez plus de laboratoire, ni d’argent, vous aurez perdu votre carrière, vous aurez investi pour rien toutes ces années de travail et je vous comprends. Je vous comprends mais j’ai un peu de misère à vous pardonner… vous êtes si nombreux, sans vous les financiers ne peuvent rien… vous ne connaissez pas vraiment la puissance de votre voix.

Il vient un jour où on doit choisir son camp.

Voyez le résultat: sous l’influence du culte qu’on voue à cette science aux accents «scientistes», l’opinion publique se conforte dans une apparence de tranquillité d’esprit, dans une apparence de bien-être, alors qu’en réalité nous vivons peut-être sans le savoir, l’âge de pierre, la période noire de la science médicale, devenue le pantin des cartels pharmaceutiques.

J’aime croire qu’un jour prochain, les chercheurs auront les moyen$ de se tourner vers les causes (et non les symptômes) de tous ces maux qui nous tuent à petit feu: le cancer, la dépression et toutes les affections du coeur, du corps et de l’esprit. J’aime croire que si on mettait autant d’énergie sur les causes on trouverait des réponses et des solutions beaucoup plus douces et efficaces.

Dans un monde meilleur, on ne monnayera plus la santé, on aura compris qu’elle est à la base de la survie de l’espèce.J’aime espérer qu’un nombre grandissant de professionnels de la santé opteront pour le «doute raisonnable» et choisiront de traiter leurs patients avec PLUS que les protocoles érigés en dogmes… et qu’ils auront l’ouverture d’esprit d’essayer de participer au changement qui ne manquera pas de s’imposer dans un avenir plus ou moins rapproché. Ce faisant, ils participeront également à l’essor d’une médecine humaniste, où l’on ose avancer dans le sens de l’évolution humaine (plutôt que l’évolution des marchés boursiers), parce que l’ATTENTION sera portée sur l’humain: le patient.

Références pour ce billet

  1. Radio-Canada: Les années lumière - 2007-12-16
    http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia%3D/Medianet/2007/CBF/LesAnneeslumiere200712161305_1.asx
  2. Bio de Michel O'Neill, sociologue
    http://rhpeo.net/bio/oneill.htm