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Nos représentants élus DEVRAIENT NOUS PROTÉGER contre l'appétit des industriels... mais ils préfèrent se remplir les poches !

mar

2

2010

Qui décide ? qui paye ?

Par suzanne

En voilà un méchant problème.

Les jeunes ne s’en souviennent pas mais, dans les années 60 il fallait payer pour voir un médecin, généraliste ou spécialiste. Tu t’assoyais là devant lui, il faisait sa job et ensuite tu payais.

En sortant tu ramassais la facture (plus ou moins salée). Tu t’en retournais chez toi et crois-le ou non, sans calculatrice, sans ordinateur ni cours de sciences, en ne te fiant qu’à ton gros bon sens, tu DÉCIDAIS (oui oui…! genre sans gouvermaman) de ce que tu devais faire, c’était la loi du marché et du gros bon sens:

  • tu pouvais suivre les conseils du médecin et retourner le voir si nécessaire (rapport qualité/prix jugé acceptable);
  • tu pouvais les flusher, lui et ses conseils (rapport qualité/prix jugé inacceptable);
  • si tu n’avais pas les moyens tu pouvais bénéficier de la charité d’un bon médecin, humain et empathique, c’était bon pour son image en plus;

C’était une autre époque, ton gros bon sens il était éveillé, il présidait à toutes tes décisions, il savait prendre soin de ton budget, ta santé, tes enfants, tes parents, tes voisins… et vu qu’il se débrouillait bien, il n’avait pas besoin de cinquante sortes d’assurances ni de somnifères, encore moins de viagra.

Puis l’état providence est arrivé, avec ses réformes, ses promesses (somnifères) et ses excès. C’était le temps où la science, (la médecine en particulier) prenait de l’expansion jusqu’à s’imposer dans nos vies comme une souveraineté indiscutable. Et les services que cette science délivrait devinrent gratuits (sic), comme d’autres services, nécessaires mais imparfaits. Privé des données (prix) pour évaluer le rapport qualité/prix, le citoyen s’est doucement endormi.

Tranquillement, le gros bon sens a fini par s’effacer et la nature ayant peur du vide, l’a remplacé par toute une série de «décisions préfabriquées» aux divers moules de cette société émergente, basée sur l’économie, la productivité, l’illusion.  Toutes les classes de la société se sont adaptées, les gros et les petits, chacun y trouvant son compte. Chacun oubliant que, finalement, même s’il n’y a pas d’argent qui passe de la main du client à celle du professionnel, c’est exactement ce qui arrive, sauf que les tarifs ont monté en ciarge ! On a divisé la charge sur un grand nombre de petits, pour que les gros empochent plus… sans que ça paraisse. Pas vus pas pris.

Est-ce que l’illusion de ne pas payer nous fait perdre de vue la réalité? On ne se demande pas si le médecin est compétent, du moment qu’il prescrit un médicament… on ne se demande pas si on pourrait rester chez soi le temps que la petite rougeur passe, du moment que l’urgence n’est pas loin… on ne se demande pas pourquoi ce médecin veut nous faire repasser les mêmes tests qu’un autre a déjà faits ni combien ça va coûter à la collectivité: l’illusion du gratuit.

docteur-cash Avec un droit, vient une responsabilité, c’est bon dans les deux sens. Les hôpitaux sont devenus des usines et les médecins des travailleurs à la chaîne. Plus longtemps ils œuvrent dans ces institutions déshumanisées, plus ils perdent leur humanité. Rares sont ceux qui conservent leur jugement et leur sens de l’éthique sous les pressions pharmaceutiques et administratives.

Dans certains pays, les professionnels de la santé sont payés au résultat. On leur assigne une quantité X de patients et leurs revenus sont proportionnels au taux de survie et de bien-être de cette clientèle (appelons un chat un chat).

Un ticket modérateur pourrait être une autre solution, accompagné des ressources locales nécessaires pour trier et filtrer les patients, avant de les diriger vers les grands centres aux urgences engorgées (qui finiraient peut-être par désengorger). De plus, étant donné qu’aucun politicien n’endure de voir mourir un pauvre devant la porte d’un hôpital en direct, aux infos du soir; ça m’étonnerait qu’on ne trouve pas le moyen de réchapper ceux qui sont incapables de le payer le ticket modérateur.

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Déjà 6 Réponses

Même en France où nous avançons le montant des visites chez la plupart des professionnels de santé, dans la mesure où la plupart des soins sont remboursés, il existe effectivement parmi la population des gens qui ont un comportement irresponsable. De se rendre aux urgences pour une fausse urgence, tout en râlant parce qu’on y attend des heures… De râler lorsqu’on nous annonce des augmentations de cotisations sociales afin de tenter de juguler le déficit chronique ascendant de la Sécu…
De multiplier les examens, les analyses, et les visites chez de multiples médecins.

Ceci dit, je trouve que indépendamment de la perversité de ce genre de dérives, il existe des remboursements de soins ou de médicaments qui sont à mon sens trop facilement accordés, et à contrario, certains soins essentiels ne sont pas ou mal pris en charge. Je trouve par exemple absurde que l’on ne rembourse pas correctement des lunettes, des prothèses auditives, des fauteuils pour personnes invalides ou des soins dentaires. La plupart de ces équipements ne sont pas du luxe ou juste de l’esthétique, ils sont indispensables à leurs utilisateurs.

L’idée du ticket modérateur est alléchante, sauf que pour les malades à longue durée, il est clair que ce sont précisément les personnes qui vont avoir le plus besoin de soins, qu’ils vont donc multiplier les consultations. Ce qui veut dire en clair que les personnes défavorisées ou ayant l’impossibilité d’exercer un métier ou qui ont du abandonner leur profession en raison de leur pathologie, ne pourront peut être pas se permettre de s’offrir tous les tickets modérateurs dont ils auront vraiment besoin.

Autrement dit, une fois de plus, pour tenter d’endiguer les abus, on fait payer à tout le monde la facture , y compris pour ceux qui n’abusent en rien et qui ont de vrais besoins en santé.

Ce qui est vrai en tous cas et commun avec le Québec, c’est que un système de prise en charge de soins par une assurance d’Etat fait que le pouvoir est passé progressivement entre les mains des multinationales pharmaceutiques, que ce soit pour les autorisations de mise sur le marché, la fixation des prix, et les prises en charge par l’assurance d’Etat. Ce sont eux, les multinationales, qui décident tout à notre place, y compris notre santé.

C’est vrai Sophie, chez nous aussi, soins dentaires, lunettes et bien d’autres ne sont pas remboursés. C’est triste mais c’est obligé. Imagine ce qu’il resterait sur nos maigres budgets publics s’il fallait rembourser aussi tous les soins non couverts… L’élastique ne peut pas être étiré sans fin…

Pour ce qui est du ticket modérateur, je crois qu’il est possible que ça engendre d’autres problèmes qu’on a pas imaginés… par exemple, cette mesure qui devrait diminuer le flot de (faux)malades dans les divers services de santé diminuerait du même souffle, les revenus du corps médical… et c’est le but… faire baisser le budget global de la santé qui est actuellement en progression constante et qui semble incontrôlable… mais j’ai bien peur que cela amène les divers ordres professionnels à faire ajuster leurs honoraires en conséquence, de sorte qu’ils gagneraient autant en soignant moins de patients…

Une chose est certaine, la richesse des riches et la pauvreté des pauvres suivent une courbe ascendante, peut-être propulsées par une (des) industrie(s) qui misent là-dessus pour engranger des profits.

Pourtant, le jour viendra où l’élastique cassera. Je ne voudrais pas que mes enfants voient ce jour… mais j’ai bien peur que mon souhait ne se réalise pas. À la vitesse où ça monte, on va frapper le mur bien avant que mes enfants aient quitté cette terre.

Bonjour,
C’est punché votre texte’ Madame Bissonnette.
J’adore.
Et tellement vrai!
Il faut dire que dans les années 60, les gens n’étaient pas riches mais l’impôt était moins vorace. Nous avons tout « légué » à l’État.
Et le malade est perçu comme souvent le responsable de sa maladie et une certaine forme de culpabilité y est accompagnée. Le cas de ceux qui ne courent pas aux urgences pour des rhumes.
Que l’on trie pour de vrai!
Ce que je retire et ressent c’est que la responsabilité est reléguée à l’État. La LIBERTÉ aussi…
Avec votre permission, je le placerais sur mon blogue avec références, oeuf course de San- Antonio.
P.S. Parlant de « conseils flushés ». Les médecins n’aiment pas trop ça… Je déteste ce contrôle quelquefois méprisant de M. Je Saistout.

Bonjour Gaétan, et lâche-moi les «Madame Bissonnette» ok ?

Certain que tu peux piger dans mes textes… n’importe quand !

Hier, pour contrebalancer le poids des méprisants, j’ai rencontré une docteure en soins palliatifs, une femme souriante qui a tout de suite compris quel genre de «patient» je suis.

«Si je comprends bien, m’a-t-elle dit, vous souhaitez que les options soient expliquées clairement, qu’on vous respecte dans vos choix et dans votre corps, vous aimeriez rester en contrôle».

En contrôle oui, c’est ça, je veux rester en contrôle de ce qui m’arrive. Elle a avoué qu’un très petit pourcentage de patients adoptent cette attitude.

À mon avis, c’est pas plus difficile de se fier à son propre jugement qu’à celui d’un M. Je Saistout…. y’a qu’à ne pas diviniser la médecine. L’humain en blouse blanche, c’est pas le bon dieu.

@Gaétan

Je viens de retourner lire quelques textes sur ton blogue, je suggère à tous de le visiter régulièrement, et pour commencer en beauté, je propose ce billet sur le même thème que le mien.

Madame Suzanne :-)
J’ai préparé le texte hier. Il est prêt à être publié. J’attendais ton approbation.
Bonne journée!

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